Jouy-Mauvoisin Village du sud-Mantois

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Histoire

Origine du nom Jouy-Mauvoisin
L’origine du nom JOUY, si l’on se réfère au "dictionnaire étymologique des noms de lieux en France" d’Albert DAUZAT concernant les différents lieux de France commençant par JOUY ( Jouy-sous -Thelle, Jouy- le-Moutier,…), proviendrait du nom d’un homme latin, GAUDIUS,
et du suffixe ACUM, ce qui donnerait GAUDIACUM.
Avec le temps, les transformations, GAUDIACUM deviendra JOIACUM, JOYACUM, JOYet JOUY.
Une autre interprétation est avancée, celle d’Armand CASSAN, Sous- Préfet de Mantes en 1833 dans son livre "Statistique de l’arrondissement de Mantes", à savoir :
"JOUY au IV ème siècle, selon une tradition ancienne avait une chapelle consacrée à JUPITER". Celui-ci semblait jouir en Gaule d’une popularité durable puisque l’on retrouve son nom en plusieurs lieux. En latin JUPITER se dit JOVEM ou JOVIS, qui aurait donné le nom d’homme latin JOVIUS d’où JOIVIACUM, JOIACUM, etc…
De nombreux villages, villes ou lieux tirent leur origine d’un nom d’homme ancien.
Deux hypothèses donc concernant l’étymologie du premier nom "JOUY".
En revanche le deuxième : "MAUVOISIN", et là c’est une certitude, provient d’une très ancienne famille de Seigneurs de Rosny, les MAUVOISIN, dont notre commune était un fief au même titre d’ailleurs que Fontenay et Boissy auxquels ils laissèrent également leur nom.
Nous retrouverons ces différents noms mentionnés dans des écrits au fil du temps.
Ainsi au cours des siècles JOIACUM, JOYACUM, JOY, devinrent JOY-MAUVOISIN, JOY-MAUVOISIN-LES-MANTES, et enfin JOUY-MAUVOISIN.
Histoire de Jouy (1100 à 1800)
Les preuves les plus anciennes de l’existence de JOUY se situent aux environs des années 1100.
En effet, on peut lire dans les écrits relatifs à l’Histoire de la région, Notice Historique sur Rosny /Seine de H. Thomas et dans "Les Seigneurs", un des feuillets d’histoire locale d’A. Théry, qu’un seigneur de JOUY allait fréquemment ravager les terres du Duc de Normandie en compagnie des seigneurs de Rosny et de Septeuil.
Il s’agit d’Hubert de Joy, apparenté sûrement aux Mauvoisin de Rosny. En 1120, son nom est mentionné dans une Charte, comme témoin avec Raoul Mauvoisin et d’autres seigneurs de la contrée dans une donation faite au prieuré de Saint-Wandrille de Rosny.
Son successeur au domaine de Jouy fut Geoffroy de JOUY( c’est du moins le seul connu avant 1265), cité en 1263 dans les olim ou anciens arrêtés du Parlement. Il était alors Bailli* de Meulan et jugea dans une contestation entre l’abbaye de Royaumont et la ville de Mantes pour des droits de navigation et de franchise sur la seine.
C’était un bienfaiteur de l’église de N.D. de Mantes car dans l’obituaire* de l’église qui est à la Bibliothèque Nationale, on trouve son nom au mois d’Août : "ici est l’obit de Geoffroy de Jouy (Gaufridus de JOIACO) autrefois châtelain de Mantes, qui donna à cette église 38 sous et 7 deniers or pour son anniversaire et celui de son père et de sa mère" (Notes de Grave).
On sait par la chronique du règne de Philippe-Auguste (décédé à Mantes le 14 Juillet 1223), écrite par le moine Guillaume le Breton, que Henri II d’Angleterre a mené en 1188 un raid militaire en Ile-de –France contre les troupes de Philippe-Auguste entre Magnanville et Soindres. Précédemment, un certain nombre de villages au sud et à l’est avaient été rasés, dont Jouy (Guillaume le Breton l’appelle alors JOIS).
Le fils probable de Geoffroy, cité plus haut, est Pierre Mauvoisin, seigneur de Jouy en 1265. Il est connu grâce à un proçès qu’il eut avec le prévôt de Mantes. Tous deux prétendaient au droit de justice à Jouy. Le prévôt disait avoir droit jusqu’à la Fontaine derrière Jouy, vers l’orme de l’Epervier ( lieu –dit non situé).L’Arrêt du Parlement (olim T1) décida que Pierre aurait la justice pour les vols seulement…Les successeurs directs de Pierre Mauvoisin n’ont laissé aucune trace de leur passage.
En 1382, dans une taille extraordinaire mise par Charles VI sur les trois ordres de l’archidiaconé de Pincerais*, pour faits de guerre, la paroisse de Jouy fut taxée à une somme de 33 francs d’or.  
Bailli : Officier remplissant des fonctions judiciaires, militaires et financières au nom du Roi.
Obituaire : Registre où étaient inscrits les services anniversaires (obits) pour le repos de l’âme
des morts.
Pincerais : Région comprenant le sud du Mantois.
 
A la fin du XIV ème siècle, la seigneurie de Jouy appartenait à Robert des Plains.
Au début du XV ème siècle une partie de cette terre devint la propriété des Chanoines de la Sainte Chapelle de Paris, tandis que les fils de Robert des Plains sont toujours seigneurs de Jouy (en 1429)( Notes de Grave).
Différents seigneurs de Jouy se succéderont.
En 1423, Arthus de Mazis, écuyer, prend le titre de seigneur de Jouy, dans un acte d’acquisition d’une rente sur le moulin des Epaillards à Mantes-la-Ville.
Nous sommes dans les années 1400 en pleine guerre de Cent Ans entre la France et l’Angleterre et la région s’est trouvée particulièrement touchée par le conflit.
Les Anglais s’emparent de Mantes, et par don du Roi d’Angleterre, Robert Pellerin tient et occupe la terre de Jouy-Mauvoisin de 1438 à 1440 (A.Nat série L 599.3).
Dans la seconde moitié du XV ème siècle, la seigneurie de Jouy fut cédée par Hugues des Plains, l’un des fils de Robert, qui était devenu le seul possesseur, à Robert Varin riche bourgeois de Mantes.
En 1457, Jean Varin,fils de Robert, possédait les seigneuries de Jouy, Fontenay et Ménerville. .
Quatre ans plus tard, Jean Varin vend Jouy à Guillaume Dubois, Procureur de la chambre des comptes. Ses affaires cependant ne devaient pas être brillantes car de 1467 à 1477 il n’avait pu encore s’acquitter envers celui-ci.(Notes de Grave).
En 1466, le 3 septembre, Louis le Baveux, fils de Guillaume et fondé de pouvoir de son père, avait vendu à Dubois, seigneur de Jouy le fief de Malassis.
Le 31 Mars 1488, par devant Maître Barthélémy, notaire à Paris, est établi un contrat par lequel Guillaume Dubois, Conseiller du Roi donne au chapitre de la Sainte Chapelle à Paris , les seigneuries de Jouy et de Ménerville.(A.Nat série L599.3). Les chanoines de La Sainte Chapelle étaient déjà possesseurs de terres dans le village et les environs.
Pendant 269 ans (de 1488 à 1757), la terre et seigneurie de Jouy-Mauvoisin resteront la propriété des Chanoines de la Sainte Chapelle. Et, c’est, semble t-il, vers 1550 que Robert Vathonne deviendra le Fermier et Procureur des Messieurs de La Sainte Chapelle, et occupera le manoir de Jouy.(Notes de Legoux).
Il exploitera de ce fait les quelque 90 arpents de la seigneurie, aura la charge du four banal et du pressoir seigneurial et assurera la recette des droits féodaux en vigueur à l’époque.
Jouy eut à souffrir des guerres civiles qui ensanglantèrent la France avant la Saint Barthélémy. C’était en 1565, vers la fin de l’année au moment ou Condé et Chatillon, à la tête d’une armée protestante traversaient l’Ile-de-France pour se rendre d’Orléans en Lorraine.
Des déprédations furent commises dans le Manoir Seigneurial et une plainte fut transmise par le fermier des Chanoines, en vue de se faire indemniser.
Ce fermier-receveur était Guy Lefèvre, marchand de Mantes, il se présente le samedi 23 juin 1568 devant Noel Caillet lieutenant du bailli de Jouy, auquel il exposa " que au temps des troubles dernièrement passées, les gens d’armes passant et repassant, pour aller au service du roy" avaient logé dans la seigneurie de Jouy. Ils y avaient "grandement destruit et seppolyé" la maison et lieu seigneurial de Messieurs les Trésoriers et Chanoines de la Sainte Chapelle du Palais à Paris.
Pour bien apprécier ses dires, Maître Guy Lefèvre avait pris à témoins les Cresté, Mouton, Delahaye, Seheut, etc…qui tous certifièrent l’exactitude de la plainte.(A.Dép.série F).
Vers 1590-1595, Claude Legoux, laboureur, épousait Jacquette, la fille de Robert Vathonne. Robert Vathonne et son gendre signent ensemble le bail le 9 Mai 1609 les liant aux Chanoines de La Sainte Chapelle. La maison seigneuriale devenait la résidence des fermiers, qui devaient également assurer la recette des droits seigneuriaux, et remplir la fonction de châtelain par procuration des dits chanoines.
En juin 1686, un orage fit d’importants dégâts. Le 28 du même mois, Maximilien Faroul, conseiller du Roi, se transportait avec le Procureur du Roi au village de Jouy où il avait convoqué verbalement Nicolas Gilbert, laboureur a Soindres, Jacques Mallevre et François Harenger, vignerons de Buchelay.
On leur fit prêter le serment d’estimer les dégâts.Et ils se mettent à courir les champs et à constater : Poirier au Saint, Hauts et Bas Moussets, en tout 35 arpents en blé, à La Métairie:15 arpents, au lieu –dit Les Prés:20 arpents en blé à moitié perdu. Au Chapon, sous la Chapelle Saint Bonifau, 50 arpents, avec Le Fleury "ensumancé en Mars tellement battu par la gresle qu’il n’y a rien resté, en sorte que l’on ne peut espérer aucune récolte".
De toutes ces terres, il y avait 50 arpents en blé et 40 arpents à Jacques Legoux receveur de la terre et seigneurie de Jouy, dépendant de la ferme en grande partie.
Là encore, on ne sait pas si Legoux et les habitants de Jouy furent indemnisés.
En 1735, un Legoux était encore fermier en ces lieux. Les meubles furent saisis pour cause de non paiement (Arch.S&O C.308).
Les descendants de Claude Legoux : son fils Guillaume, Jacques nommé précédemment, son fils François géreront la terre de Jouy jusqu’en 1740. Tous furent inhumés dans l’église Ste Foi de Jouy.(Notes de M.Legoux).
Le 30 avril 1757 les Chanoines de la Sainte Chapelle vendaient leur seigneurie à Messire Charles Pierre Savalette, écuyer, Seigneur de Magnanville, garde du Trésor Royal (A.Dép. supplt. E 243). Il constituera ainsi autour de Magnanville, une importante seigneurie.
A sa mort Madame Savalette cédera "Jouy" à Philippe Guillaume Tavernier Boullongne De Préminville pour 800.000 Livres en 1767 et 1.200.000 Livres en 1791 à Charles Gilbert Morel de Thorel, agronome distingué.
Jouy n’a plus d’histoire que celle des gens de la terre qui représentent féodalement les fiefs en mainmorte *, et cela n’a pas grand intérêt.
A la fin de l’Ancien régime Jouy est rattaché à Mantes pour l’élection, Doyenné, baillage, grenier à sel. Le Chef lieu du canton est Bréval.
Nous sommes en 1789 et à quelques lieues de Jouy, un grand événement se dessine,la Révolution,
mais il semble que notre village se soit tenu à l’écart de cette période troublée. En tout cas rien ne prouve le contraire.
Les Deux-Tiers des curés de Seine et Oise prêtèrent serment à la constitution y compris celui de Jouy, Jean Baptiste Sébastien d’Abancourt. Cependant à partir de1792, il était inscrit sur la liste des émigrés.
Le 20 janvier 1794 il est arrêté et incarcéré à Versailles, en même temps que le curé de Fontenay.
Durant cette longue période que nous venons de retracer, voici les estimations de la population.
Années XIII ème S 1685 1709 1713 1718 1725 1759 1790
Habitants 177 243 243 185 166 176 198 194

*Mainmorte : Situation des vassaux qui se trouvaient dans l’impossibilité de transmettre leurs biens par testament



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